Lectures bibliques : Ep 2.20-22 ; 1 P 2.4-5
L'édifice est une des métaphores courantes du Nouvea Testament pour l'Eglise.
Quand on pense à une construction, aujourd'hui, on pense à un mur de briques. La construction est plus facile avec toutes des briques identiques !
Certains aimeraient bien que l'Eglise soit comme ça : même forme, même couleur, même taille pour tout le monde... Des chrétiens tous faits dans le même moule ! C'est plus facile...
D'autres ont peur que l'Eglise soit comme ça... et ils ont raison ! Ce n'est pas le modèle biblique !
L'Eglise comme édifice, dans la pensée du Nouvea Testament, se rapproche plus, par exemple des constructions Incas...
Les murs sont faits de pierres inégales, grandes ou petites. On ne formatait pas les pierres à priori mais on les choisissait en fonction des trous à combler dans le mur. Elles étaient travaillées
un peu mais pas formatées. On cherchait la pierre appropriée à chaque place.
Du coup chaque pierre a son importance pour l'ensemble. La petite pierre est importante. Même la pierre un peu biscornue a sa place dans l'édifice !
Mur de briques ou mur de pierres ?

Alors lequel de ces murs
correspond au projet de Dieu ? L'Eglise « mur de briques » ou l'Eglise « murs de pierres Incas » ?
Dans une Eglise « mur de briques » toutes les briques sont identiques. Chaque brique a sa place.... mais seulement si elle est strictement identique aux autres ! Il faut se conformer au
modèle : un chrétien, c'est comme ça, ça vit comme ça, ça pense comme ça...
Dans une Eglise « mur de pierres Incas », chaque pierre est une pièce unique. Elle trouve sa place là où le mur a besoin d'elle ! Il n'y a pas de modèle absolu du chrétien auquel se
conformer.
Dans une Eglise « mur de briques », la différence est suspecte et met en péril sa solidité. Celui qui se distingue par son comportement, son habillement, sa façon de parler est exclu ou
« recadré » pour qu'il rentre dans le moule.
Dans une Eglise « mur de pierres Incas », la différence est une force, le gage même de sa solidité. Elle permet la complémentarité, le véritable échange et le véritable partage.
Dans une Eglise « mur de briques », l'unité recherchée est l'homogénéité. Pour être unis, il faut être pareils. Et on a du mal à entendre d'autres points de vue, à collaborer avec des
personnes qui n'ont pas exactement la même théologie...
Dans une Eglise « mur de pierres Incas », l'unité se fonde sur la diversité. L'unité se reconnaît par le fait de faire partie du même édifice érigé par le maître d'oeuvre divin.
Dans une Eglise « mur de briques », on a besoin d'un mortier pour que les briques restent attachées l'une à l'autre. C'est le ciment des traditions, du charisme d'un gourou ou d'un carcan
légaliste d'obligations et d'interdits...
Dans une Eglise « mur de pierres Incas », la cohésion est naturelle. Il n'y a pas besoin de mortier. La simple imbrication naturelle des pierres les lie les unes aux autres. Pas besoin
d'une cohésion artificielle.
Il est donc bien évident que l'Eglise voulue par Dieu n'est pas l'Eglise « mur de briques » mais l'Eglise « mur de pierres Incas » !
Quelle pierre pour quel trou ?
La question que chacun a à se poser est : "quelle est la place de ma pierre dans l'édifice de l'Eglise ?"
C'est la question de l'engagement dans l'Eglise... Et ne dites pas « je suis trop petit » ou « trop biscornu ». Chaque pierre est unique et a sa place dans l'édifice. Comme dans
le mur de pierres Incas.
Voilà qui pose aussi une question à ceux qui ont déjà leur place dans l'édifice : vont-il laisser place aux nouvelles pierres ? Surtout que des pierres vivantes, ça bouge... Un édifice fait
de pierres vivantes, c'est un édifice qui bouge, dont les pierres changent parfois de place.
L'Eglise, et en particulier les responsables, vont-ils savoir se mettre à l'écoute du maître d'oeuvre pour discerner la place de chacun ?
Dans l'Eglise, il y a toujours des trous dans le mur, des besoins à combler. Il y a forcément une pierre qui pourra y prendre place. Peut-être qu'elle n'aura pas exactement la forme voulue. Il
faudra qu'elle soit travaillée un petit peu. Il faudra un peu de temps pour qu'elle trouve pleinement sa place...
Par défaut, on fait parfois du bricolage et on bouche les trous avec des pierres qui ne sont pas adaptées. Ça fonctionne à peu près mais ce n'est pas efficace, et ça peut fragiliser l'ensemble de
l'édifice. Surtout quand cette pierre utilisée à cet endroit serait plus utile ailleurs...
Vous vous dites que j'ai une idée derrière la tête... eh bien oui ! Et c'est même le Conseil qui m'a demandé d'en parler ! Nous avons dans notre Eglises des « trous », des besoins à
combler. Seriez-vous la pierre dont nous avons besoin ?
Conclusion
On a parlé de l'édifice, on a parlé des pierres, mais il ne faut pas oublier le maître d'oeuvre. Celui qui construit l'édifice de l'Eglise. Celui qui sait où chaque pierre doit aller. Celui qui
sait travailler les pierres pour qu'elles s'adaptent parfaitement à l'emplacement prévu.
On l'a sous-entendu... mais il faut le dire explicitement : sans le Seigneur, pas d'édifice. Tout au plus un tas de pierres. Et sans le Seigneur pour continuer la construction de l'édifice et
l'entretenir, l'Eglise devient une ruine...
Mais le Seigneur a choisi de construire son Eglise avec des pierres vivantes. Il a choisi d'avoir besoin de nous. C'est une grâce qu'il nous fait. Saurons-nous être la pierre qu'il attend que nous
soyons ?
(L'idée de la métaphore des constructions Incas et la photos du mur de pierres sont empruntés au site www.logoscom.org)