Marc 7.1-23
Lecture : Mc 1-7,14-23
Pourquoi les disciples ne se sont pas lavé les mains selon le rituel approprié ? On ne sait pas... D'ailleurs, pour être précis, seulement quelques disciples ne l'ont pas fait !
Les Pharisiens ne reprochent pas à Jésus de ne pas s'être lavé les mains mais de laisser certains de ses disciples manger sans respecter les ablutions rituelles. Il est probable que Jésus
lui-même s'est lavé les mains... car sinon les Pharisiens ne se seraient pas gêné pour le lui faire remarquer !
Encore une fois, Jésus ne porte pas de jugement sur les tradition elles-mêmes. Elles ne sont ni bonnes ni mauvaises. Mais elle ne sont pas l'essentiel. Et surtout, elles ne sont pas une fin en
soi, au risque de devenir un carcan, une prison légaliste, source d'hypocrisie.
Cette altercation est l'occasion pour Jésus d'élargir le débat et de parler d'un sujet crucial en son temps, notamment pour les Pharisiens, celui de la pureté. Qu'est-ce qui rend l'homme pur ou
impur ?
Et nous devrions nous sentir concernés par cette question. Jésus n'a-t-il pas dit, dans le Sermon sur la Montagne : « Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu ! » (Mt 5.8) ?
La pureté en question
Il y a un décalage entre la pureté recherchée par les Pharisiens et celle que prône Jésus.
La pureté des Pharisiens = rituelle.
Il s'agit de préserver cette pureté par le respect des rites de purification et par le fait de s'abstenir de manger ou de toucher ce qui était considéré comme impur.
Sommes-nous complètement débarrassés de l'idée de pureté rituelle ? N'avons-nous pas aussi nos « rites de purification » évangéliques ?
La prière avant le repas pour purifier la nourriture, l'expression « Dieu voulant » pour purifier nos projets, la formule « au nom de Jésus » pour purifier nos prières, le culte personnel du
matin pour purifier notre journée...
Je ne dis pas que ce ne sont pas de bonnes choses !
Prier avant le repas pour exprimer sa reconnaissance c'est très bien. Remettre nos projets à Dieu aussi, tout comme prier au nom de Jésus. Et évidemment prier et lire la Bible tous les jours ne
peut être qu'une bonne chose.
Je dis simplement qu'il faut les prendre pour ce qu'ils sont... et pas des rites de purification.
Evident que pour Jésus, la pureté n'est pas rituelle.
Pour Jésus ce n'est pas ce qu'on mange ou ce qu'on touche qui rend impur.
Ce n'est pas l'extérieur qui est décisif mais l'intérieur, le coeur.
Pureté = débat crucial dans Judaïsme, notamment pour les lois alimentaires.
Implications de l'enseignement de Jésus = énormes...
Marc ne s'y trompe pas, avec ce commentaire : « Ainisi il purifiait tous les aliments »( v.19b)
Aujourd'hui, dans le milieu chrétien, la notion de pureté a changé de connotation... et souvent elle est d'ordre sexuel.
On parle de pureté avant le mariage...
Pas sans véhiculer une certaine idée qui n'est pas biblique : l'acte sexuel rendrait impur !
Il faut débarrasser la notion de pureté de ses connotations parasites... Pour Jésus, la pureté est une affaire de coeur.
La pureté, et l'impureté, ne sont pas à chercher en dehors de nous, dans des rites, des aliments ou des interdits. On les trouve en nous, dans notre coeur.
Pour Jésus il ne s'agit pas de rester pur par des rites extérieurs mais de devenir purs de l'intérieur !
Viser au coeur
Jésus opère un recentrage sur le coeur.
Au sens biblique, le coeur est le centre de l'être intérieur, siège de la volonté.
C'est là que se prennent les décisions, que naissent les intentions, les envies et les craintes...
Nos actes, nos pensées, notre vie, se décident dans notre coeur.
C'est là que se joue la question de la pureté : « Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu ! » (Mt 5.8)
Un principe simple : ce qui compte ce n'est pas ce qui entre mais ce qui sort.
Ce qui entre va dans les entrailles, ce qui sort vient du coeur.
Jésus désacralise les traditions et les rites. Description assez crue de ce qui se passe : ce qui est mangé va dans les entrailles et finit dans les latrines !
Tout est déjà, potentiellement, dans notre coeur. Le pur et l'impur. Le bon et le mauvais.
Ce qui nous souille, c'est quand on laisse notre coeur nous inspirer des paroles ou des actes mauvais.
Deux précisions :
Il y a des soucis de pureté qui semblent provenir du coeur, et qui nous souillent !
Parce qu'ils nous conduisent à l'hypocrisie, au légalisme voire à l'orgueil spirituel.
C'est le cas des Pharisiens...
Il y a certaines choses, qui proviennent d'en dehors de nous, qui peuvent aller au-delà des entrailles, jusqu'au coeur.
Quand ce que l'on ingurgite ou que l'on touche change notre comportement, nos pensées et nos intentions.
cf. toutes les formes d'addiction (alcool, tabac, sexe, argent...)
Purifier notre coeur
Il n'en reste pas moins que c'est bien dans le coeur qu'il faut chercher le secret de la pureté selon Jésus.
Deux certitudes :
Les rites extérieurs ne purifient pas.
Le pur et l'impur sont déjà dans notre coeur.
Qu'est-ce que la pureté ? C'est la propriété d'un objet de ne pas contenir de corps ou d'élément étranger.
C'est ainsi qu'on parle d'or pur, par exemple...
Un coeur pur est un coeur sans mélange, sans compromis.
Si purifier notre coeur, c'est en extraire les corps étrangers, on pourrait comparer le péché à ce corps étranger qui souille notre coeur.
Il faut alors « chauffer » ce coeur, comme un métal, pour le purifier de ce corps étranger.
L'exposer à la flamme de l'Esprit. La Bible étant le combustible utilisé par l'Esprit et la prière le souffle qui attise les flammes.
Impossible d'avoir un coeur parfaitement pur ici-bas...
Qui peut prétendre n'avoir aucune arrière-pensée, aucune intention cachée, aucune hypocrisie dans son coeur ?
Pas de pureté absolue possible ici-bas... Mais rechercher une pureté relative, au moins.
Plein accord entre nos pensées et nos actes. Entre nos intentions et notre vie.
Ne confère pas seulement une qualité morale et spirituelle, c'est aussi le gage d'une vie intérieure paisible et harmonieuse, libérée de la culpabilité.
Quant aux scories qui polluent encore notre coeur, nos intentions cachées, nos hypocrisies, qui nous souillent... La grâce de Dieu est là pour nous les pardonner... et petit à petit les purifier
!
Conclusion
Un coeur pur, c'est un coeur sans mélange. Un coeur qui appartient à Dieu, un coeur où Dieu habite pleinement, un coeur semblable au coeur de Dieu.
Un coeur qui produit des pensées, des actes et des paroles où règnent l'amour, la paix, l'harmonie...
Evidemment, c'est un idéal que l'on n'atteint jamais vraiment ici-bas.
Mais « Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu ! » (Mt 5.8)
C'est une béatitude qui nous met en marche (= sens étymologique) !
C'est le chemin de l'harmonie avec Dieu, grâce à un coeur qui lui appartient pleinement.
C'est le chemin de l'harmonie intérieur, grâce à un coeur qui permet un plein accord entre nos intentions et nos actes, nos aspirations et notre vie.
Alors oui, « Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu ! » (Mt 5.8) Et ils pourraient bien le voir déjà, un peu, aujourd'hui, dans leur coeur !
Lecture biblique : Marc 1-7,14-23
Pourquoi les disciples ne se sont pas lavé les mains selon le rituel approprié ? On ne sait pas... D'ailleurs, pour être précis, seulement quelques disciples ne l'ont pas fait !
Les Pharisiens ne reprochent pas à Jésus de ne pas s'être lavé les mains mais de laisser certains de ses disciples manger sans respecter les ablutions rituelles. Il est probable que Jésus
lui-même s'est lavé les mains... car sinon les Pharisiens ne se seraient pas gêné pour le lui faire remarquer !
Encore une fois, Jésus ne porte pas de jugement sur les tradition elles-mêmes. Elles ne sont ni bonnes ni mauvaises. Mais elle ne sont pas l'essentiel. Et surtout, elles ne sont pas une fin en
soi, au risque de devenir un carcan, une prison légaliste, source d'hypocrisie.
Cette altercation est l'occasion pour Jésus d'élargir le débat et de parler d'un sujet crucial en son temps, notamment pour les Pharisiens, celui de la pureté. Qu'est-ce qui rend l'homme pur ou
impur ?
Et nous devrions nous sentir concernés par cette question. Jésus n'a-t-il pas dit, dans le Sermon sur la Montagne : « Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu ! » (Mt 5.8) ?
La pureté en question
Il y a un décalage entre la pureté recherchée par les Pharisiens et celle que prône Jésus.
La pureté des Pharisiens est rituelle. Il s'agit de préserver cette pureté par le respect des rites de purification et par le fait de s'abstenir de manger ou de toucher ce qui était
considéré comme impur.
Mais sommes-nous complètement débarrassés de l'idée de pureté rituelle ? N'avons-nous pas aussi nos « rites de purification » évangéliques ? La prière avant le repas pour purifier la
nourriture, l'expression « Dieu voulant » pour purifier nos projets, la formule « au nom de Jésus » pour purifier nos prières, le culte personnel du matin pour purifier notre journée...
Je ne dis pas que ce ne sont pas de bonnes choses ! Prier avant le repas pour exprimer sa reconnaissance c'est très bien. Remettre nos projets à Dieu aussi, tout comme prier au nom de Jésus.
Et évidemment prier et lire la Bible tous les jours ne peut être qu'une bonne chose. Je dis simplement qu'il faut les prendre pour ce qu'ils sont... et pas des rites de purification.
En tout cas, il est évident que pour Jésus, la pureté n'est pas rituelle. Pour Jésus ce n'est pas ce qu'on mange ou ce qu'on touche qui rend impur. Ce n'est pas l'extérieur qui est
décisif mais l'intérieur, le coeur.
La pureté était un débat crucial dans le Judaïsme, notamment pour les lois alimentaires. Or, les implications de l'enseignement de Jésus sont énormes... Marc ne s'y trompe pas, avec ce
commentaire : « Ainsi il purifiait tous les aliments »( v.19b)
Aujourd'hui, dans le milieu chrétien, la notion de pureté a changé de connotation... et souvent elle est d'ordre sexuel. On parle de pureté avant le mariage... Et ce n'est pas sans véhiculer
une certaine idée qui n'est pas biblique : l'acte sexuel rendrait impur !
Il faut débarrasser la notion de pureté de ses connotations parasites... Pour Jésus, la pureté est une affaire de coeur. La pureté, et l'impureté, ne sont pas à chercher en dehors de nous,
dans des rites, des aliments ou des interdits. On les trouve en nous, dans notre coeur. Pour Jésus il ne s'agit pas de rester pur par des rites extérieurs mais de devenir purs de l'intérieur
!
Viser au coeur
Jésus opère un recentrage sur le coeur.
Au sens biblique, le coeur est le centre de l'être intérieur, siège de la volonté. C'est là que se prennent les décisions, que naissent les intentions, les envies et les craintes... Nos
actes, nos pensées, notre vie, se décident dans notre coeur.
C'est là que se joue la question de la pureté : « Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu ! » (Mt 5.8)
Un principe simple : ce qui compte ce n'est pas ce qui entre mais ce qui sort. Ce qui entre va dans les entrailles, ce qui sort vient du coeur. Jésus désacralise les traditions et les
rites. Description assez crue de ce qui se passe : ce qui est mangé va dans les entrailles et finit dans les latrines !
Tout est déjà, potentiellement, dans notre coeur. Le pur et l'impur. Le bon et le mauvais. Ce qui nous souille, c'est quand on laisse notre coeur nous inspirer des paroles ou des actes
mauvais.
Deux précisions :
Il y a des soucis de pureté qui semblent provenir du coeur, et qui nous souillent ! Parce qu'ils nous conduisent à l'hypocrisie, au légalisme voire à l'orgueil spirituel. C'est le cas
des Pharisiens...
Il y a certaines choses, qui proviennent d'en dehors de nous, qui peuvent aller au-delà des entrailles, jusqu'au coeur. Quand ce que l'on ingurgite ou que l'on touche change notre
comportement, nos pensées et nos intentions.
cf. toutes les formes d'addiction (alcool, tabac, sexe, argent...)
Purifier notre coeur
Il n'en reste pas moins que c'est bien dans le coeur qu'il faut chercher le secret de la pureté selon Jésus.
Deux certitudes :
- Les rites extérieurs ne purifient pas.
- Le pur et l'impur sont déjà dans notre coeur.
La pireté, c'est la propriété d'un objet de ne pas contenir de corps ou d'élément étranger. C'est ainsi qu'on parle d'or pur, par exemple...
Un coeur pur est un coeur sans mélange, sans compromis.
Si purifier notre coeur, c'est en extraire les corps étrangers, on pourrait comparer le péché à ce corps étranger qui souille notre coeur. Il faut alors « chauffer » ce coeur, comme un
métal, pour le purifier de ce corps étranger. L'exposer à la flamme de l'Esprit. La Bible étant le combustible utilisé par l'Esprit et la prière le souffle qui attise les flammes.
Il est impossible d'avoir un coeur parfaitement pur ici-bas... Qui peut prétendre n'avoir aucune arrière-pensée, aucune intention cachée, aucune hypocrisie dans son coeur ?
Il n'y a pas de pureté absolue possible ici-bas... Mais de deveons-nous pas rechercher une pureté relative, au moins ? Un plein accord entre nos pensées et nos actes, entre nos intentions et
notre vie.
Ca ne confère pas seulement une qualité morale et spirituelle, c'est aussi le gage d'une vie intérieure paisible et harmonieuse, libérée de la culpabilité.
Quant aux scories qui polluent encore notre coeur, nos intentions cachées, nos hypocrisies, qui nous souillent... La grâce de Dieu est là pour nous les pardonner... et petit à petit les purifier
!
Conclusion
bla
Un coeur pur, c'est un coeur sans mélange. Un coeur qui appartient à Dieu, un coeur où Dieu habite pleinement, un coeur semblable au coeur de Dieu. Un coeur qui produit des pensées, des
actes et des paroles où règnent l'amour, la paix, l'harmonie...
Evidemment, c'est un idéal que l'on n'atteint jamais vraiment ici-bas. Mais « Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu ! » (Mt 5.8) C'est une béatitude qui nous met en
marche (= c'est le sens étymologique) !
C'est le chemin de l'harmonie avec Dieu, grâce à un coeur qui lui appartient pleinement.
C'est le chemin de l'harmonie intérieur, grâce à un coeur qui permet un plein accord entre nos intentions et nos actes, nos aspirations et notre vie.
Alors oui, « Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu ! » (Mt 5.8) Et ils pourraient bien le voir déjà, un peu, aujourd'hui, dans leur coeur !