Ce dimanche était notre journée de rentrée. Cette prédication est donc de
circonstance, liée à la particularité de notre Eglise. Mais j'ose espérer qu'elle pourra garder quelque pertinence sortie de ce contexte...
Lecture biblique : 1 Corinthiens 3.5-17
On le sait, l'Eglise de Corinthe était loin d'être une Eglise parfaite : mœurs douteuses, jeux de pouvoir, excès de tout poil, discours spirituels mais hypocrites... dans cette épître Paul doit
remettre l'Eglise au milieu du village !
Le côté positif de tout cela, c'est que grâce à l'Eglise de Corinthe, deux épîtres sont parvenues jusqu'à nous, avec des textes aussi importants que l'hymne à l'amour du chapitre 13, les
recommandations sur les dons spirituels ou sur la pratique de la Cène.
Face à une Eglise en crise, l'apôtre Paul rappelle les fondamentaux. Et il est bon de se pencher à nouveau sur ces fondamentaux en ce jour de rentrée.
Nous avons dans ce texte une double image de l'Eglise : celle d'une plante en croissance et celle d'un édifice en construction. Ce matin, j'aimerais me concentrer sur la première image et parler
de la « croissance végétale » de l'Eglise.
La croissance végétale de l'Eglise...
Planter, arroser, faire croître. Le plus important, c'est celui qui fait croître... alors que c'est le rôle le moins évident.
On voit bien qui plante, on voit bien qui arrose. Mais qui fait croître ? Personne en apparence. La plante pousse toute seule, c'est un processus naturel. Quand on plante une graine et qu'on
arrose la terre, la plante va croître.
Oui, mais qui a fixé ces lois et les préserve sinon le Créateur ? Et puis il y a aussi des facteurs extérieurs qu'on ne contrôle pas. L'ensoleillement, les insectes parasites, la pollution,
les catastrophes naturelles...
Dans la Bible, Dieu n'est pas seulement celui qui a créé le monde puis s'en est retiré. Il est aussi celui qui préserve le monde... et son travail est d'autant plus important depuis que le
péché est entré dans le monde et le défigure, le détériore !
Planter et arroser ne suffit pas, il faut Dieu qui fait croître...
C'est pourquoi on peut comparer la croissance de l'Eglise à une croissance naturelle, oeuvre de Dieu. Mais il faut bien quand même planter et arroser. Cette image permet de maintenir une double
vérité essentielle : sans Dieu qui fait croître, tous les efforts sont vains, mais Dieu ne fera pas croître sans notre part de travail. Dieu choisit de faire de nous ses collaborateurs !
Pour expliquer la croissance d'une Eglise, on va souvent voir les facteurs humains : les locaux, les groupes musicaux, le pasteur, l'organisation... Tout cela a de l'importance, comme le
fait de planter ou d'arroser, mais le plus important est Celui qu'on ne voit pas : Dieu qui fait croître.
Le propos de Paul est de relativiser l'importance des hommes, face aux partis à l'intérieur de l'Eglise de Corinthe. Certains se réclamaient de Paul, d'autres d'Apollos ou de
Pierre... Pour Paul, les hommes on certes leur rôle à jouer (planter, arroser) mais le seul qui compte vraiment c'est Dieu qui fait croître. L'Eglise, c'est l'oeuvre de Dieu !
L'Eglise : une belle fleur ?
On pourrait comparer l'Eglise à n'importe quelle plante... mais je propose de la comparer à une fleur. Ce qu'on attend d'une fleur, c'est qu'elle soit belle, avec de belles couleurs, une
odeur agréable. C'est comme ça qu'elle glorifie Dieu, son Créateur.
La vocation première de l'Eglise, c'est de glorifier Dieu. Et elle ne le glorifie pas seulement en chantant des cantiques mais en manifestant un amour vrai en son sein, en témoignant une
solidarité avec ceux qui souffrent, au-dedans comme au dehors, en apportant l'Evangile au monde, en paroles et en actes.
La fleur a plusieurs pétales... reflet de tous les aspects de sa vocation. Dans notre Eglise, nous avons résumé cette vocation par quatre termes, qui seront nos pétales : adoration,
formation, mission, relations... C'est dans la mesure où chacun de ces pétales sera en bonne santé que la fleur sera belle.
Mais une fleur n'est pas faite que de pétales. Elle a besoin d'une tige et de feuilles pour vivre et croître. Ce n'est pas ce qu'on voit en général dans une fleur. Pourtant c'est essentiel
! Dans la vision de notre Eglise, c'est le pôle organisation, avec ce qui est technique et lié à l'entretien et la communication.
Au-delà de l'aspect esthétique de cet organigramme, nous pouvons y voir notre désir de glorifier Dieu, en étant, ensemble, comme une fleur épanouie, belle à voir et qui distille un parfum
agréable.
Comment est notre fleur ?
Je m'éloigne un peu du texte biblique pour développer l'image de la fleur... Si notre on comparait notre Eglise à une fleur, comment serait-elle ?
Une belle fleur ?
Une fleur est belle grâce à l'harmonie de tous ses pétales et la solidité de sa tige. Si un ou plusieurs pétales sont touché, c'est l'ensemble de la fleur qui perd sa beauté. Besoin
équilibre et développement harmonieux.
L'Eglise a besoin d'un développement harmonieux, dans tous les aspects de sa vocation. Délaisser un aspect de la vocation, c'est porter atteinte à l'ensemble. Et là nous avons besoin de
l'engagement de chacun, des prières de chacun, pour que la fleur de notre Eglise soit belle et harmonieuse.
Une fleur qui sent bon ?
Une fleur a aussi son parfum. Quand on voit une belle fleur, on a envie de s'approcher et de sentir son odeur... Et si l'odeur est désagréable, on est déçu !
Une bonne odeur, c'est ce qu'on sent quand on s'approche de la fleur. On pourrait parler aussi « d'odeur » de la fleur d'une Eglise. Dans une Eglise, c'est ce qu'on voit après la
première impression, quand on apprend à connaître les gens...
On ne peut pas se contenter des apparences ! Une Eglise qui en met plein la vue, avec des couleurs éclatantes... mais qui sent mauvais quant on l'approche de près !
Une fleur qui attire le regard ?
Si la fleur est belle et sent bon, alors elle va attirer le regard... Pourquoi les fleurs ont toutes ces couleurs et ces formes ? Pour attirer le regard. Et d'abord celui des insectes qui
vont permettre la fécondation. La fleur contient l'organe reproducteur du végétal.
Est-ce que notre Eglise attire le regard ? Et est-ce qu'elle sent bon ?
Il faut souligner le caractère « reproducteur » d'une Eglise. Dans sa capacité à transmettre la vie, à produire la vie. Dans sa capacité à se reproduire, en créant des cellules de vie, et en
créant d'autres Eglises. C'est une perspective à toujours garder en vue pour une Eglise !
Conclusion
Tout ce qui a été dit de l'Eglise pourrait être appliqué à chacune de nos vies...
Notre vie n'est-elle pas appelée à être une belle fleur qui glorifie le Seigneur ? Avons-nous une vie harmonieuse, agréable à voir ? Et quand on nous connaît un peu mieux, notre vie « sent-elle
bon » ? Et savons-nous transmettre la vie, en étant témoin, en paroles et en actes, de l'Evangile de vie ?
L'un plante, l'autre arrose, mais le plus important, c'est Dieu qui fait croître. C'est vrai dans l'Eglise, c'est vrai dans nos vies. Et c'est pour cela que nos vies et nos Eglises peuvent
glorifier Dieu, parce que c'est SON oeuvre !
Une oeuvre qu'il n'accomplira pourtant pas sans nous, parce qu'il a choisi de faire de nous ses collaborateurs...