La Folia est un ancien thème musical populaire, apparu probablement au XVe siècle au Portugal. C'est un thème qui a très souvent été utilisé,
notamment en musique baroque. Parmi les plus célèbres, il y a sans doute les Couplets de
Folies de Marin Marais et La Follia d'Arcangello Corelli, incluse à l'origine dans son recueil
de sonates pour violon et basse continue opus 5. Ces deux oeuvres se trouvent sur le formidable CD consacré par Jordi Savall et sa bande au thème de la Folia, au côté d'autres variations sur
ce même thème par différents compositeurs baroques espagnols.
On ne peut pas parler de "thème et variations" sans évoquer les Variations Goldberg de
Jean-Sébastien Bach. C'est un monument incontournable, une oeuvre magistrale où se déploie tout le génie de Bach. L'aria initiale (un thème original du compositeur) est suivie de 30
variations, moins de l'aria initiale que de la ligne de basse continue. Il est prodigieux d'entendre comment Bach arrive à métamorphoser le tème initial, en utilisant pratiquement tous les
procédés imaginables, finalement pour partir du même point et arriver au même point : chaque variation correspond à une mesure de l'aria initiale. Il y a évidemment un grand nombre
d'enregistrements de cet oeuvre, au clavecin comme au piano. J'aime la version, au clavecin, de Pierre Hantaï.
Un saut dans le temps nous amène à la période romantique avec les Variations sur un thème de Haydn, de Johannes Brahms. Le thème initial, le
"Choral St Antoni", est emprunté à un Divertimento de Joseph Haydn. Réorchestré par Brahms, le thème est suivi de 8 variations et d'un finale grandiose. Oeuvre pour grand orchestre, les
variations Haydn de Brahms a toujours fait partie de mes oeuvres préférées. Et je suis particulièrement attaché à la version de George Szell avec l'orchestre de Cleveland.
Autre oeuvre orchestrale pour laquelle je garde une tendresse particulière, les Variations et Fugue sur un thème de Purcell, de Benjamin Britten. Oeuvre pédagogique, apellée à l'origine "Young person's guide to the orchestra", elle était destinée à accompagner un film
documentaire et visant à présenter les quatre familles de l'orchestre symphonique : les cordes, les bois, les cuivres et les percussions. Le thème est emprunté à une musique de scène de Henry
Purcell, compositeur baroque anglais. L'oeuvre est brillante, non dénuée d'humour et offre un plaisir d'écoute toujours renouvelé. Leonard Bernstein en a fait une interprétation formidable,
dans un disque essentiel pour la musique symphonique de Britten.